Oeuvres sur toile, installation
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Texte    Jean-Michel Ross

Oeuvre sur toile, Circa, Galerie 1,  du 23 février au 29 mars 2008
Marc Dulude crée son installation oeuuvres sur toile avec un souci tout particulier pour la planéité. Comme dans ses oeuvres précédentes, une mise en scène rigoureuse dynamise la mise en espace des différentes composantes en galerie. Dans celle-ci cependant, l’espace de représentation n’est plus seulement ancré dans l’espace de la salle, il l'est également dans de petits mondes créés et orchestrés par l’artiste.
S’il est vrai que son installation nous rappelle, par ses composantes plastiques courbes et ses jeux de lumière, l’esthétique de certains décors de film de science-fiction des années 60, ces mêmes objets nous font aussi découvrir des microcosmes. Mettant en scène des éléments statiques avec Bas relief et des phénomènes physiques avec les Table d’observation 1 et 2, l’artiste engage, par l’entremise de différentes surfaces, une réflexion sur l’espace et le temps. Dans oeuuvres sur toile, les espaces de représentation n’interpellent plus seulement le spectateur dans son espace tangible, elle le pousse à se projeter dans les pièces qui la constitue, dans ces petits théâtres miniatures où l’eau s’anime sous des lumières qui nous font comprendre toute la matérialité des objets utilisés et des textures proposées ici par l’artiste.
Qu’il s’agisse de gouttes d’eau s’agitant sur des toiles de silicone et créant de minuscules sculptures éphémères, ou d’une ruche de centaines de petites cellules de nylon, le point de départ pour comprendre et appréhender cette installation réside dans l’étude et la contemplation de ses surfaces. Les murs de la galerie ne sont pas épargnés. Ils deviennent nos points de repère quand nous revenons à nous, ils cristallisent notre espace physique le temps d’un instant, d’un passage d’une surface à une autre.
Cette recherche plastique que propose Dulude nous met en face d’une réalité bidimensionnelle différente à laquelle nous ne sommes pas confrontés au quotidien. Il l’anime et la transforme comme nous le ferions avec un chapiteau. Cette oeuuvre effectue chez le spectateur un transfert qui le pousse à utiliser son imagination et à habiter ses surfaces, à les alimenter d’un contenu personnel et, à s’y engager. L’artiste nous suggère de porter une attention toute particulière aux surfaces qui constituent notre rapport au monde autant bidimensionnel que tridimensionnel. Ce faisant, il ne propose pas seulement au spectateur d’investir son oeuvre, il lui propose d’investir le monde.